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Marie-Ève Berthiaume

Arts, culture et autres curiosités urbaines

Blogue

2010-09-04

La danse, un art comme nul autre

« La danse est le plus sublime, le plus émouvant, le plus beau de tous les arts, parce qu'elle n'est pas une simple traduction ou abstraction de la vie; c'est la vie elle-même. » Henry Havelock Ellis n’aurait pas pu mieux décrire la danse.

Le langage universel du corps, la portée émotive de son propos, la beauté des corps dansants. Le paysage chorégraphique de la scène montréalaise possède de quoi combler tout fervent de la danse, quels que soient ses goûts ou ses attentes. En solo, en duo ou en groupe. Nu ou drapé. Dans un décor inusité ou structuré. Chaque œuvre chorégraphique parle de l’artiste tout autant que du spectateur. S’adressant à celui-ci, elle le touche, le trouble ou l’interpelle à différents niveaux, touchant son intellect, son cœur ou son sexe, pour reprendre l’explication de Frédéric Gravel lors de Gravel Works. Les lieux de diffusion sont d’ailleurs aussi nombreux que diversifiés et permettent parfois des combinaisons disciplinaires aussi surprenantes qu’heureuses.

Lors de votre prochaine sortie, oser voir un spectacle de danse. Vous ne serez pas déçu.

2010-07-20

Tabú, l’art d’un cirque contemporain

D’abord submergé dans l’univers insolite de cette troupe britannique regroupant des artistes aux disciplines aussi variées que leurs origines, le spectateur est appelé à parcourir la ronde TOHU, en quête de personnages et d’épisodes poétiques. Depuis le musicien devenu artiste à la recherche de la lumière parfaite pour dessiner le fruit défendu jusqu’au couple de circonstance, allongé dans un lit de fortune au ras le sol, les corps à demi couverts d’un lourd rideau noir et plongé dans une discussion passionnante. Tout de cette mise en scène fascine. Une chose est sûre, avec NoFit State l’art du cirque est en voie de devenir membre à part entière de la communauté artistique contemporaine. Tabú se démarque par son originalité et sa grande sensibilité aux questionnements actuels, dont celui des tabous et des peurs, à l’origine du présent spectacle.

« I’m afraid of forgetting that everything happens for a reason. » D’entrée de jeu, le rideau s’ouvre sur des arrangements scéniques extrêmement bien ficelés, qui permettent au spectateur de se déplacer au gré du spectacle et du rythme endiablé de sa musique, interprétée par un band live. De la trapéziste au cracheur de feu en passant par l’acrobate perché, les numéros sont variés et le talent de ses acteurs indiscutable. Le numéro d’ouverture, à titre d’exemple, présente plusieurs artistes accrochés au rail du plafond et flottant dans les airs, derrière un vaste panneau transparent d’où fuse une lumière diaphane.

Somme toute, Tabú  interpelle l’imaginaire collectif des adultes tout en assouvissant le besoin de rêve et de poésie des petits et grands spectateurs. Il n’en reste pas moins un spectacle résolument contemporain qui s’inscrit dans la vague des cirques nouveau genre, qui allient habilement les acrobaties à la danse, la musique, la chanson et le théâtre. Le résultat ravit et l’expérience plaît jusqu’à la toute fin, poussant même à revisiter NoFit State à l’étranger ou lors de la prochaine édition du Festival Montréal Complètement Cirque, qui sait?

2010-07-20

Onde de choc : la virtuosité chorégraphique de Ginette Laurin

Je suis fébrile. J’arrive à l’Usine C à peine douze minutes avant la représentation. Le métro roulait au ralenti. Tout juste le temps de jeter un coup d’œil au document ingénieusement plié, décrivant le parcours de celle qui s’adonne tant au film, à la photographie qu’à l’art chorégraphique. Une trajectoire multidisciplinaire qui présage souvent des œuvres d’une portée esthétique manifeste, particulièrement dans le milieu de la danse.

Récipiendaire de plusieurs distinctions pour son travail créatif, filmé et chorégraphié, Ginette Laurin fait partie du paysage dansé depuis plusieurs années. Formée à Montréal comme à New York, elle débute sa carrière d’interprète dès 1970. Elle œuvre ensuite comme chorégraphe et fonde O Vertigo quatorze années plus tard, forte d’une expérience scénique remarquée et d’une vision artistique en voie de devenir parmi les plus cohérentes et expressives du milieu.

Onde de choc interprétée par la troupe O Vertigo et diffusée à Montréal dans le cadre du Festival TransAmérique impose la notoriété de sa directrice artistique à la programmation et en fait un passage obligé. Le registre chorégraphique soutenu de la compagnie de même que son historique bien ancrée dans le répertoire dansé québécois promet une incursion inimitable dans l’univers de la chorégraphe.

Choc de lumière, choc de mouvements. Les costumes brillent et les fards chatoient sur la peau des danseuses, servant à juste titre le propos de cette toile dansée. La dextérité et la précision des corps, la justesse de leur langage – tremblé, propulsé, attrapé – démontre la virtuosité chorégraphique de Ginette Laurin tout autant que le talent de ceux qui exécutent avec adresse les vignettes de cette œuvre magistrale. L’utilisation de bruits et de sons ponctue une part importante de la chorégraphie, situant celle-ci au cœur même de l’ère contemporaine et de la numérisation du réel.

La variété harmonieuse bien que contrastée des séquences de même que la nudité progressive des corps ajoutent émotion et profondeur au mouvement ressenti par le spectateur. Qui plus est, la beauté de l’œuvre et de sa gestuelle le mène jusqu’à une finale époustouflante, qui laisse celui-ci dans un véritable état de choc. Tout pour démontrer le brio et le plein accomplissement du langage chorégraphique de Ginette Laurin qui nous offre ici le corps dansant à son meilleur.

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